First impressions | Rebecca Taber (fr)

[Rebecca Taber – commissaire d’exposition et artiste, partage ses premières impressions ressenties à son arrivée à la résidence du château de Lagamas]

Le 15 août 2013,  nous arrivons au château de Lagamas pleines d’attentes et l’esprit ouvert et prêt pour les jours venant. Prendre part à l’un des cycles de conversation et rencontrer les artistes en résidence dans la maison familiale de Marianne Magnin. En cette journée très chaude, passée à voyager en provenance du festival de photographie de Arles, le portail ouvert du château nous accueille. Deux chapeaux en paille perchés sur un chevalet de peintre dans le hall d’entrée, un cheval en bois au pied d’une volée d’escaliers en pierre et les cigales dans une cacophonie brulante, pleine des senteurs et des sons du Languedoc. Marianne nous reçoit (je viens avec une amie et artiste Eleanor Darley, en charge de s’occuper de mon garçonnet de 16 mois). La table de moine en bois entourée de chaises, le salon dont les fauteuils de toutes formes et tailles forment un cercle. Je commence à me demander qui sont ces personnes là, entre écrivains, artistes et penseurs. Pour le moment, les fauteuils m’occupent assez pour contenir ma curiosité, certains plus anciens et travaillés, d’autres plein de couleurs et de vie, d’autres encore, usés et marqués d’imperfections. Alors que nous nous assaillons et commençons à prendre la mesure du lieu et de son ethos, Marianne relate les évènements et le cycle de conversation de la semaine précédente, qui porta sur ‘espace et réalité, chaos et systèmes, expérimentation…’. Elle parle brièvement des artistes en résidence, ce qui transforme mon impression d’une maison calme et ‘endormie’ en celle d’un lieu plein d’idées et de lumière. On passe ensuite rapidement au sujet du sens de l’art avec une amie proche de Marianne – Victoria, qui est en charge d’un certain nombre d’associations caritatives en Afrique du Sud. On discute du besoin d’art dans les communautés et du désir inhérent dans toute situation difficile ou dangereuse de s’entourer d’art, danses, contes, poésie et musique.  Je peux entendre quelqu’un expérimenter avec des sons, deux artistes dans la cage d’escaliers sont sur le point de partie en ballade à vélo pour s’aérer du studio. Un homme est assis dans le jardin, attaché à écrire…….

Je commence à prendre conscience qu’après seulement de courts instants ayant passé le seuil, nous amorçons un voyage très intéressant….

Les portes sont ouvertes, et le décor est posé pour que l’art s’incarne. Un réceptacle, une maison, un espace où poser des questions, un espace pour répondre à certaines des questions. J’entends à nouveau des sons expérimentaux, un bang, un méli-mélo, puis le silence.

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Rebecca Taber (R) in conversation with TCF Events Co-curator Anastasia Goryunova, in Joana da Conceição’s studio